Les deux formes
Les deux s'appellent examen de conscience, mais elles font des choses différentes.
Quotidienne, dans la prière. Elle regarde la journée entière : le donné autant que le manqué. Elle demande d'abord où étais-tu, Dieu ? et seulement ensuite où étais-je ?. Sa figure ignatienne est l'examen quotidien ; on parle aussi de relecture.
Avant la confession. Celle-ci cherche à dessein : qu'est-ce qui doit être dit ? Ici, une série ordonnée de questions aide, selon les commandements ou selon les domaines de la vie.
Qui ne connaît que la seconde forme vit l'examen comme une corvée à expédier avant de se confesser. Qui pratique la première chaque jour trouve la seconde presque facile : il se connaît déjà.
Comment le faire chaque jour
- Faire silence. Une minute ou deux. Ne pas se lancer d'emblée.
- Demander la lumière. Seigneur, montre-moi cette journée avec tes yeux. Sans cette demande, cela devient un interrogatoire de soi, qui est soit trop dur, soit trop confortable.
- Rendre grâce. Qu'est-ce qui fut bon ? Concrètement, non en général.
- Parcourir. Les heures dans l'ordre. Où étais-je vivant, où à l'étroit ? Qu'ai-je fait, qu'ai-je omis ?
- Nommer et remettre. Dis ce qui a mal tourné, regrette, demande pardon, et accepte le pardon.
- Une résolution. Une seule, petite, pour demain.
Les questions qui mènent plus loin
Pas toutes à la fois. Prends-en deux ou trois et reste avec elles une semaine.
Vers Dieu
- Ai-je prié aujourd'hui ? Ai-je détourné le regard là où j'aurais pu regarder ?
- Ai-je fait confiance à Dieu pour me porter, ou ai-je été mon propre sauveur ?
Vers le prochain
- Qui ai-je rencontré aujourd'hui, et comment l'ai-je traité ?
- Ai-je écouté, ou seulement attendu de pouvoir parler ?
- Ai-je parlé de quelqu'un comme je ne l'aurais pas fait s'il avait été présent ?
- Qu'aurais-je dû faire et n'ai pas fait ?
Vers moi-même
- Où ai-je manqué de liberté aujourd'hui ? À quel point est-ce que je reviens sans cesse ?
- Ai-je traité mon temps, mon travail, mon corps comme des choses confiées ?
- Qu'ai-je évité parce que c'était inconfortable ?
Ce que dit l'Église
Le Catéchisme place l'examen dans un cadre précis : il se fait à la lumière de la Parole de Dieu (CEC 1454). Non à la lumière de ses propres exigences, ni de ce que les autres attendent de soi. C'est pourquoi la demande de lumière précède la liste des questions.
Sur la manière de peser ce qu'on trouve : le péché mortel suppose à la fois une matière grave, une pleine connaissance et un consentement délibéré (CEC 1857). L'ignorance involontaire, les sentiments et les passions, les pressions extérieures ou les troubles pathologiques peuvent diminuer le caractère volontaire d'une faute (CEC 1860) ; la crainte et l'habitude sont nommées ailleurs (CEC 1735). Et le jugement dernier sur la personne ne lui revient pas à elle-même : « nous devons confier le jugement des personnes à la justice et à la miséricorde de Dieu » (CEC 1861).
En pratique : nommer, oui. Se donner une note, non.
Où cela bascule, et ce qui aide alors
L'examen de conscience peut basculer en scrupulosité : il s'allonge, trouve toujours plus, ne se termine jamais vraiment et laisse la peur au lieu de la paix. Ignace l'a connue par expérience et a écrit des règles contre elle (Exercices spirituels 345–351). Son conseil est sobre : ne pas céder au scrupule, mais agir délibérément contre lui — c'est-à-dire s'arrêter quand le temps est écoulé et accepter le pardon même si le sentiment tarde.
Si cela ne suffit pas : en parler à un prêtre ou à un accompagnateur spirituel. Ce n'est pas un recul, c'est la voie prévue.